Actes haineux au Québec : que fait la Sécurité publique ?

Les chiffres de l’étude sur les crimes haineux dévoilée aujourd’hui par Statistique Canada fmontrent à nouveau que l’islamophobie au Québec s’est aggravée entre 2014 et 2015. En effet les crimes haineux pour motifs religieux ont connu une augmentation de 36% et rien n’indique que les chiffres de 2016 et 2017 seront meilleurs.

Des organisations de la société civile tentent d’attirer l’attention des autorités sur le thème des crimes haineux depuis plusieurs années maintenant. Les données Statistique Canada de 2014 indiquaient déjà une augmentation marquée des crimes haineux sur la base de la religion. En septembre 2016, des organisations de la société civile avaient déposé six recommandations lors d’une rencontre avec le ministre Coiteux sur le thème de la sécurité. Même son de cloche dans l’ensemble du Canada où plus de 30 organismes ont également demandé une intervention du gouvernement.

Face à cette évolution inquiétante et à la multiplication des revendications, le ministre de la Sécurité publique Martin Coiteux déclarait le 2 février dernier que son ministère agissait contre les crimes haineux. Il n’avait toutefois donné aucun détail sur les modalités de ces actions.

Le 25 mars dernier, une nouvelle lettre ouverte publiée dans Le Devoir et signée par un grand nombre d’associations et d’acteurs de la société civile et du monde universitaire ont réclamé une fois de plus des gestes concrets de la part du gouvernement québécois.

Nous déplorons que depuis sa nomination le 28 janvier 2016, le ministre Coiteux n’ait pas agi relativement à :
* la formation des corps policiers contre les biais inconscient discriminatoires inconscients
* la formation des différents corps de police à reconnaître et à traiter sérieusement les actes haineux.
* la diffusion de l’information sur les cas traités par la police dans le but de rassurer les populations et de dissuader les éventuels criminels.
* la collecte de données détaillées sur les crimes haineux, incluant une approche intersectionnelle.
* la mise en place de sanctions sévères contre les employés des corps policiers qui se livrent à du profilage racial.
* la mise sur pied d’un programme de compensation financière permettant de dédommager adéquatement et aisément toute personne victime de profilage racial.
* l’établissement d’une politique globale pour garantir aux minorités religieuses leur droit de jouir de lieux de culte accessibles et sécuritaires.
* la mise en marche d’une campagne de sensibilisation contre le racisme et les crimes haineux.

Nous espérons que les chiffres dévoilées aujourd’hui par Statistique Canada fassent enfin réagir le ministre de la Sécurité publique du Québec. Les citoyennes et les citoyens du Québec sont en droit d’attendre que le ministre Coiteux prenne au sérieux son rôle lorsqu’il s’agit de défendre le droit des personnes vulnérables à la dignité, à la liberté et à la sécurité.

Samira Laouni
Presidente de l’organisme Communication pour l’ouverture et le rapprochement interculturel (COR)

Haroun Bouazzi
Coprésident de l’Association des Musulmans et des Arabes pour la Laïcité au Québec (AMAL-Qc)

Eve Torres
Coordonnatrice de LaVOIEdesFemmes

Samer Majzoub,
Président du Forum Musulman Canadien (FMC-CMF)

Ines Cherbib
Porte-parole du Centre communautaire Essalam

Mohamed Hafid
Association Mosquée de la Capitale

Hanadi Saad
Présidente de Justice femme

Azeddine Hmimissa
Président de BelAgir

Amira Elghawaby
Conseil national des musulmans canadiens (NCCM)

 

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