Actes haineux au Québec : que fait la Sécurité publique ?

Les chiffres de l’étude sur les crimes haineux dévoilée aujourd’hui par Statistique Canada fmontrent à nouveau que l’islamophobie au Québec s’est aggravée entre 2014 et 2015. En effet les crimes haineux pour motifs religieux ont connu une augmentation de 36% et rien n’indique que les chiffres de 2016 et 2017 seront meilleurs.

Des organisations de la société civile tentent d’attirer l’attention des autorités sur le thème des crimes haineux depuis plusieurs années maintenant. Les données Statistique Canada de 2014 indiquaient déjà une augmentation marquée des crimes haineux sur la base de la religion. En septembre 2016, des organisations de la société civile avaient déposé six recommandations lors d’une rencontre avec le ministre Coiteux sur le thème de la sécurité. Même son de cloche dans l’ensemble du Canada où plus de 30 organismes ont également demandé une intervention du gouvernement.

Face à cette évolution inquiétante et à la multiplication des revendications, le ministre de la Sécurité publique Martin Coiteux déclarait le 2 février dernier que son ministère agissait contre les crimes haineux. Il n’avait toutefois donné aucun détail sur les modalités de ces actions.

Le 25 mars dernier, une nouvelle lettre ouverte publiée dans Le Devoir et signée par un grand nombre d’associations et d’acteurs de la société civile et du monde universitaire ont réclamé une fois de plus des gestes concrets de la part du gouvernement québécois.

Nous déplorons que depuis sa nomination le 28 janvier 2016, le ministre Coiteux n’ait pas agi relativement à :
* la formation des corps policiers contre les biais inconscient discriminatoires inconscients
* la formation des différents corps de police à reconnaître et à traiter sérieusement les actes haineux.
* la diffusion de l’information sur les cas traités par la police dans le but de rassurer les populations et de dissuader les éventuels criminels.
* la collecte de données détaillées sur les crimes haineux, incluant une approche intersectionnelle.
* la mise en place de sanctions sévères contre les employés des corps policiers qui se livrent à du profilage racial.
* la mise sur pied d’un programme de compensation financière permettant de dédommager adéquatement et aisément toute personne victime de profilage racial.
* l’établissement d’une politique globale pour garantir aux minorités religieuses leur droit de jouir de lieux de culte accessibles et sécuritaires.
* la mise en marche d’une campagne de sensibilisation contre le racisme et les crimes haineux.

Nous espérons que les chiffres dévoilées aujourd’hui par Statistique Canada fassent enfin réagir le ministre de la Sécurité publique du Québec. Les citoyennes et les citoyens du Québec sont en droit d’attendre que le ministre Coiteux prenne au sérieux son rôle lorsqu’il s’agit de défendre le droit des personnes vulnérables à la dignité, à la liberté et à la sécurité.

Samira Laouni
Presidente de l’organisme Communication pour l’ouverture et le rapprochement interculturel (COR)

Haroun Bouazzi
Coprésident de l’Association des Musulmans et des Arabes pour la Laïcité au Québec (AMAL-Qc)

Eve Torres
Coordonnatrice de LaVOIEdesFemmes

Samer Majzoub,
Président du Forum Musulman Canadien (FMC-CMF)

Ines Cherbib
Porte-parole du Centre communautaire Essalam

Mohamed Hafid
Association Mosquée de la Capitale

Hanadi Saad
Présidente de Justice femme

Azeddine Hmimissa
Président de BelAgir

Amira Elghawaby
Conseil national des musulmans canadiens (NCCM)

 

Marche pour l’égalité

Lieu : Place Émilie-Gamelin (Juste à côté du métro Berri-Uqam)
Date : Dimanche, 26 mars de 14h à 16h
Évènement FB

Dans le cadre de la Semaine d’Action Contre le Racisme, nous appelons les québécois-es dans toute leur diversité à marcher pour l’égalité de tou-te-s. Nous refusons de vivre dans une société où un Traouré, Ben Said ou Sanchez est discriminé à l’embauche à cause de son nom. Où un immigrant racisé n’a pas un emploi à la hauteur de ses qualifications. Où un noir ou un autochtone est profilé par la police. Où des femmes autochtones se font assassiner ou disparaissent. Où des québécoises portant un foulard se font agresser dans la rue. Où les mosquées se font vandaliser. Où des citoyen-ne-s sont pénalisé-e-s du simple fait de leur handicap, leur orientation sexuelle où leur sexe.

 

Itinéraire

Dimanche 26 mars 2017 à 14h, de Chicoutimi à Montréal en passant par Sherbrooke, Québec et Trois-Rivières, nous serons des familles, des jeunes et des aînées, des femmes et des hommes… Nous marchons, pour ceux qui, à cause de leur différence, n’ont pas les mêmes chances. Nous marchons car les discours ne suffisent pas. Nous marchons car nos dirigeants doivent passer à l’action.

Dimanche, le 26 mars, nous marchons pour l’Égalité !

Mémoire AMAL-Qc – Projet de loi 62

Projet de loi n°62 : Loi favorisant le respect de la neutralité religieuse de l’État et visant notamment à encadrer les demandes d’accommodements religieux dans certains organismes

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Table des matières

Présentation de AMAL-QC.

Introduction

Importance de la laïcité dans un État démocratique

          La liberté de conscience

          La neutralité de l’État

          La séparation des institutions religieuses et des institutions de l’État

          ⟹ Recommandation 1

          ⟹ Recommandation 2

Prestations de service à visage découvert

          ⟹ Recommandation 3

Droit à l’égalité

          Privilèges

          Accommodements raisonnables

          Conseil de la lutte contre le racisme

          ⟹ Recommandation 4

          ⟹ Recommandation 5

          ⟹ Recommandation 6

          ⟹ Recommandation 7

Conclusion

 

 

 

Présentation de AMAL-QC

Fondée en juin 2012, AMAL-Québec est une association citoyenne et plurielle.

Elle regroupe des Québécoises et des Québécois d’origine arabe et/ou musulmane ou n’appartenant à aucune de ces composantes, incluant des personnes pratiquantes, non pratiquantes, juives, chrétiennes, agnostiques ou athées.

AMAL-Québec souhaite contribuer positivement aux débats sur les thèmes de la laïcité, des discriminations, du racisme, de la visibilité religieuse, de la cohabitation interethnique et du vivre ensemble au Québec.

Introduction

Il convient d’abord de rappeler que nous nous situons encore aujourd’hui dans la continuité d’un débat qui a commencé il y a bientôt dix ans. Au cours de ce débat, nous avons mené des échanges vigoureux et argumentés autour des questions de la neutralité de l’État, des accommodements raisonnables et de la laïcité.

Nous sommes arrivés aujourd’hui à un point déterminant de ce débat interminable.  La population québécoise est lassée par les prolongements sans fin de ces discussions. Lassitude redoublée, pour les citoyen-ne-s appartenant à des minorités religieuses, par l’accablement d’être toujours instrumentalisé-e-s à des fins politiques et électoralistes. Les nombreux désistements relatifs à cette commission en sont sûrement symptomatiques.

Dans ce contexte, il serait important que la nouvelle loi puisse clore définitivement le débat.

Et c’est dans ce but que nous souhaitons aborder dans ce mémoire trois points essentiels.

En premier lieu, celui de la laïcité et de son importance dans une société démocratique.

Dans un deuxième temps, nous traiterons de la question de la prestation de services à visage découvert. Puis, troisièmement, nous aborderons le droit à l’égalité.

Importance de la laïcité dans un État démocratique :

La laïcité est un outil démocratique dont le but est de favoriser la cohabitation et le vivre ensemble dans une société pluraliste. Elle se base sur trois fondements principaux.

  • La liberté de conscience et de religion
  • La neutralité de l’État
  • La séparation des institutions religieuses et des institutions de l’État

 

La liberté de conscience

La liberté de conscience est un acquis formidable des démocraties modernes. C’est un droit fondamental mentionné à l’article 3 de la Charte québécoise des droits et libertés de la personne.

Un État laïc ne « tolère » pas mais bien « protège » la liberté de conscience et de religion de ses citoyens et citoyennes. Certes, l’État laïc doit aussi définir des limites à ce que permettent les croyances. Les limites doivent être basées sur des critères rationnels et non émotifs. En voici quatre généralement reconnus :

  • L’atteinte à la liberté des autres
  • L’atteinte à l’ordre public
  • L’atteinte à la sécurité
  • L’atteinte à la santé publique

Notons ici que limiter la liberté de religion au motif qu’un signe religieux serait « ostensible » ou « ostentatoire », c’est-à-dire « visible », n’est pas un critère valable.

La neutralité de l’État

La neutralité de l’État implique que l’État soit impartial. Par conséquent, l’État ne doit favoriser, ni défavoriser, aucun citoyen-ne-s en fonction de ses convictions religieuses.

La séparation des institutions religieuses et des institutions de l’État

Cette séparation nous semble un acquis fondamental de la Révolution tranquille. Elle implique que les institutions religieuses ne peuvent pas instrumentaliser l’État et ses politiques à des fins religieuses, et que les institutions religieuses sont protégées et ne peuvent pas être instrumentalisées par l’État.

Étant donné l’importance de ces principes et leur valeur dans notre société, nous présentons deux recommandations pour mieux les respecter.

⟹ Recommandation 1

Plutôt que d’éviter le mot « laïcité », nous pensons qu’il faut le revendiquer et surtout en rappeler constamment la définition, afin de pouvoir en faire l’outil du vivre ensemble et du respect mutuel.

Nous formulons cette recommandation car la laïcité est souvent mal comprise par nos concitoyens, quelles que soient leur religion ou leurs croyances. Certains la transforment même en un outil d’exclusion et, ce faisant, renforcent des rapports de domination à l’encontre des minorités religieuses.

⟹ Recommandation 2

Nous proposons d’étendre le concept de neutralité au palier municipal, puisque la gestion de la cohabitation religieuse se fait régulièrement à ce niveau.

 

 

 

Prestations de service à visage découvert

En théorie, l’article 9 ne vise pas un groupe particulier. Dans les faits néanmoins, il servira à discriminer un groupe précis de citoyennes sur la base de leurs pratiques religieuses. L’argument de la sécurité, de l’identification ou du niveau de communication semblerait tout à fait louable s’il n’existait pas des dizaines de milliers de fonctionnaires qui ne rencontrent jamais de citoyen-ne-s dans l’exercice de leur fonction.

De plus, l’article 9 répond à un faux problème puisqu’on ne répertorie aucun cas de personne au visage couvert qui travaille dans la fonction publique.

On peut alors se demander pourquoi l’État devrait légiférer contre un problème qui n’existe pas.

Certain-e-s seraient tentés d’arguer à l’inverse que, si problème n’existe pas, l’Assemblée Nationale peut bien légiférer sans crainte. Y voir ainsi un acte inoffensif serait pourtant une erreur puisque l’Assemblée Nationale commettrait un grave précédent : il serait maintenant acceptable au Québec de priver des citoyen-ne-s de droits fondamentaux tels que le droit à la dignité, le droit à l’égalité, le droit à la liberté religieuse, le droit au travail, sans motifs réels ou urgents.

⟹ Recommandation 3

Retirer l’article 9.

Droit à l’égalité

Nous saluons l’initiative du gouvernement qui définit la neutralité de l’État comme impliquant « de veiller à ne pas favoriser ni défavoriser une personne en raison de l’appartenance ou non de cette dernière à une religion ».

Il faut souligner cependant que les politiques publiques s’appliquent dans un contexte où certain-e-s citoyen-ne-s sont favorisé-e-s par rapport à d’autres, en fonction notamment de leurs croyances. Dans le paragraphe suivant nous en mentionnons quelques exemples.

Privilèges

Commençons par Illustrer l’idée de privilège au moyen d’un exercice comparatif entre deux Québécois, un catholique et un musulman.

Imaginons que je sois Québécois de confession chrétienne catholique. Je n’ai pas à demander des accommodements au travail ni à l’école puisque l’horaire est déjà fait pour m’accommoder : j’ai congé pour fêter le vendredi saint et le lundi de Pâques, pour fêter l’action de grâce, Noël et aller à la messe le dimanche.

Étant donné que la seule matinée de la semaine où le stationnement est gratuit est le dimanche, mon privilège va jusqu’à me permettre de me garer gratuitement aux heures de la messe.

Mon lieu de culte existe depuis un siècle ou plus, il est accessible, et il reçoit occasionnellement des subventions pour rénovations puisqu’il fait partie de notre patrimoine historique ou architectural.

Ces privilèges sont le résultat d’une histoire qui est la nôtre. Il n’est pas question ici de remettre en cause ces facilités, mais plutôt d’en être conscient. Elles existent.

Maintenant imaginons que je sois Québécois de confession musulmane. Je n’ai pas de congé le jour de mes fêtes religieuses. Je travaille à l’heure de la prière du vendredi. Je n’ai pas de stationnement gratuit pour aller prier.

Si je suis Québécois musulman, je suis peut-être en train de me démener pour obtenir de la municipalité de mon lieu de résidence une autorisation de lieu de culte à un endroit accessible et non dans le fin fond d’une zone industrielle.

Si je suis Québécois musulman et que j’habite Terrebonne ou Mascouche, je n’aurai tout simplement jamais de lieu de culte puisque ces deux villes n’acceptent plus d’autres lieux de culte que ceux qui existent déjà, et que les lieux de culte déjà existants sont tous des églises.

On peut continuer cette énumération, la liste paraît sans fin.

Si je suis une femme et que je porte un foulard, les risques de me faire agresser dans la rue sont plus élevés que si je n’en porte pas.

De fait, je n’ai même pas besoin d’être pratiquant pour être pénalisé : il suffit d’avoir un nom qui « sonne musulman », car si je le remplaçais par un nom canadien français, j’aurais 60% de plus de chances d’être appelé à une entrevue d’embauche et 40% de plus de chances d’être appelé à visiter un appartement à louer.

Dès que je traverse la frontière, si j’ai « une tête de musulman », je suis trop souvent choisi « aléatoirement » pour me faire fouiller.

Et ainsi de suite.

En somme, il apparaît donc évident que certain-e-s Québécois-e-s sont privilégié-e-s de par leur religion, alors que d’autres sont pénalisé-e-s de par leur religion réelle ou présumée.

Nous disposons de plusieurs outils pour corriger ces inégalités. Nous en citerons deux des plus importants :

  • Les accommodements raisonnables
  • La lutte contre le racisme systémique.

Accommodements raisonnables

Tel que défini par la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse :

« L’accommodement raisonnable est un moyen utilisé pour faire cesser une situation de discrimination fondée sur le handicap, la religion, l’âge ou tout autre motif interdit par la Charte. L’accommodement raisonnable est une obligation.

En effet, les employeurs et les fournisseurs de services sont obligés de rechercher activement une solution permettant à un employé, un client ou un bénéficiaire d’exercer pleinement ses droits. »

Un accommodement raisonnable n’est donc pas une faveur qu’on octroie à un-e Québecois-e, mais bien un droit dont on peut se prévaloir pour corriger une inégalité. C’est, en quelque sorte, une manière de pallier un manque de privilège.

Conseil de la lutte contre le racisme

Le racisme est un système qui produit et reproduit des inégalités cumulatives et durables basées sur la « race », favorisant le « privilégié » et défavorisant le « racisé ». Évidemment, au sens biologique, il n’existe qu’une seule race humaine. Sociologiquement, les « races » sont construites par des systèmes sociaux qui résultent de processus historiques. La « racialisation » d’un groupe est le produit du racisme et elle peut se faire sur la base d’une couleur, d’une origine, d’une religion, d’une langue, etc. La négrophobie, l’antisémitisme, l’islamophobie, sont tous des formes de racisme.

Le système, loin de se limiter à des actes discriminatoires isolés, peut se manifester d’une manière organique dans tous les domaines : santé, travail, justice, éducation, etc.

L’affirmation de la neutralité des politiques publiques, inscrite dans la loi, ne suffit pas à corriger les inégalités qui existent entre citoyen-ne-s racisé-e-s et non racisé-e-s. Car aujourd’hui, il n’existe aucune institution spécialisée, chargée d’analyser les projets de loi et les politiques publiques, afin d’éviter les dérapages.

Nous en venons donc aux recommandations suivantes :

⟹ Recommandation 4

Sur la question des accommodements, il est important de rappeler l’esprit dans lequel cet outil juridique doit être compris. Ce n’est pas une faveur, mais un droit des citoyens à l’égalité.

⟹ Recommandation 5

Ne pas traiter l’accommodement religieux comme un accommodement à part.

Les accommodements religieux font partie de l’ensemble des accommodements et devraient être traités comme tels. Si cette loi doit introduire de nouvelles balises, c’est à tous les accommodements qu’elles doivent s’appliquer.

⟹ Recommandation 6

Nous pensons que le point 10.2 devrait être retiré puisque la Charte québécoise, qui a un statut semi-constitutionnel, protège déjà de toutes les discriminations définies par l’article 10. L’actuelle rédaction donne l’impression que d’autres inégalités, comme celle entre les Blancs et les Noirs, ou celle entre les hétérosexuels et les homosexuels, sont plus acceptables que l’inégalité entre les hommes et les femmes.

⟹ Recommandation 7

Enfin, à l’instar de la Direction générale de l’action contre le racisme en Ontario, nous proposons la création d’un conseil de la lutte contre le racisme.

Ce conseil serait en charge de :

  • Éliminer le racisme systémique au sein des institutions gérées ou réglementées par le gouvernement du Québec ;
  • Documenter et illustrer les conditions de vie des personnes racisées au Québec par des études et des recherches ;
  • Transmettre des avis au gouvernement en se prononçant sur des projets de loi, des politiques ou des actions qui présentent des enjeux en ce qui concerne le droit à l’égalité des personnes racisées ;
  • Publier et diffuser les avis et les recherches du Conseil, ainsi que différents documents d’information, pour faire connaître la situation des personnes racisées et les enjeux en matière d’égalité ;
  • Fournir aux personnes racisées, ainsi qu’aux groupes de personnes racisées, des outils pour intervenir dans la collectivité afin qu’ils ou elles occupent la place qui leur revient dans les différents lieux de pouvoir et d’influence.

Conclusion

En conclusion, nous espérons que le débat va être clos une fois pour toutes, et nous croyons que cela ne sera pas possible si on s’attaque seulement à un problème de perceptions comme décrit dans le rapport Bouchard Taylor, ni si on se limite à la neutralité. Nous pensons qu’il faut intervenir de manière concrète en tant qu’acteur pour l’égalité. Car le vivre ensemble n’a de sens que dans l’égalité.

Prévenir la radicalisation : enjeux, outils, limites et perspectives

Lieu : UQAM, Hubert Aquin – local A-M204 – dans la bibliothèque centrale
Date : Jeudi 28 avril 2016, 17h30 – 19h30 Facebook Event
Admission générale: gratuit

La Chaire UNESCO-UQAM FPJD, en partenariat avec l’Association des arabes et des musulmans pour la laïcité au Québec (AMAL-Québec) vous invitent cordialement à venir réfléchir et discuter sur le thème de la prévention de la radicalisation.

Depuis les événements de Saint-Jean sur Richelieu et Ottawa au début 2015, ainsi que l’annonce du départ de jeunes québécois pour la Syrie, la prévention de la radicalisation s’est inscrite à l’agenda politique. Le phénomène a commencé à être discuté. Un Centre spécialisé a été mis sur pied. Certains moyens de prévention commencent à se déployer.

Ce Panel autour des efforts de prévention de la radicalisation au Québec sera l’occasion de revenir sur les enjeux entourant ce phénomène et sa définition.Il nous permettra de nous familiariser avec les outils mis de l’avant au Québec pour contrer cette radicalisation et de réfléchir sur leurs capacités réelles et leurs limites. Mais aussi, de réfléchir sur les perspectives qui se dégagent de cette entreprise de prévention qui emboite aujourd’hui le pas à la lutte contre le terrorisme.

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Meriem Rebbani-Gosselin

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Noémie Nociti

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Valérie Amiraux

Pierre Despres

Pierre Després

Avec:

Mme Meriem Rebbani-Gosselin, chercheuse, Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence (CPRMV)

Mme Noémie Nociti, Ph. D. Psychologie, co-auteure de la Trousse de renseignement sur l’extrémisme violent (TREV)

M. Pierre Després, coordinateur du groupe Philosophie, Éducation et Société et de son volet de prévention de la radicalisation en ligne

Mme Valérie Amiraux, Pr. de sociologie, Université de Montréal, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en étude du pluralisme religieux

Penser le racisme aujourd’hui

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Penser le racisme aujourd’hui : déclinaisons et angles-morts dans le contexte québécois actuel

Dans le cadre de la Semaine d’actions de lutte contre le racisme, cette journée offre aux participants la possibilité de discuter avec différents intervenants sur la question du racisme au Québec; tant sur les bases structurelles qui ont mené vers la situation actuelle que sur la nécessité d’une mobilisation collective pour en contrer certaines manifestations.
Lieu : Centre justice et foi 25 Rue Jarry O
Date : Samedi 19 mars 2016, 8h45 – 16h30
FB : Évènement
Admission générale:10$
Étudiant et personne à faible revenu: 5$
réservez ici

8h45 : Accueil et inscription

9h15 à 10h45 : Causes du racisme et ses mutations au Québec

Conférence avec :
* Maryse Potvin : Politologue et sociologue, professeure en sciences de l’éducation à l’Université du Québec à Montréal
* Chedly Belkhodja est professeur et directeur de l’École des affaires publiques et communautaires à l’Université Concordia
animée par Mouloud Idir coordonnateur du secteur Vivre ensemble du Centre justice et foi

Chedly Belkhodja

Chedly Belkhodja

Maryse Potvin

Maryse Potvin

Mouloud Idir

Mouloud Idir

11h00 à 12h30 : Groupes racisés et racisme au Québec : quels défis et quelle solidarité établir ?

Table ronde avec
* Dania Suleman : étudiante en sciences juridiques à l’UQAM
* Émilie Nicolas : présidente de Québec-inclusif,
* Patricia Jean : directrice générale, Arc-en-ciel d’Afrique
* Clifton Nicholas : cinéaste de la communauté de Kanehsatake
* Emiliano Arpin-Simonetti : secrétaire de rédaction à la RevueRelations
Animée par : Marlyatou Touré-Dosso membre du CA de AMAL-Québec

Emilie Nicolas

Emilie Nicolas

Dania Suleman

Dania Suleman

patricia jean

Patricia Jean

Clifton Nicholas

Clifton Nicholas

Emiliano Arpin-Simonetti

Emiliano Arpin-Simonetti

12h30 à 13h30 : Diner

13h30 à 14 h 45 : Ateliers thématiques au choix

Austérité néolibérale et groupes racisés animé par Guillaume Hébert chercheur à l’Institut de Recherche et d’Informations Socio-économiques (IRIS)
Profilage sécuritaire et racisme animé par Will Prosper Cofondateur et porte-parole du mouvement citoyen Montréal-Nord Républick
Discours médiatiques et altérisation animé par Hassan Serraji chroniqueur et blogueur au journal Métro de Montréal et à Radio Canada

Guillaume Hebert

Guillaume Hébert

Will Prosper

Will Prosper

Hassan Serraji

Hassan Serraji

15h à 16h30 : Quelles politiques pour contrer le racisme au Québec et quelles sont leurs cibles concrètes ?

Table-ronde avec
* Kathleen Weil Ministre de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion et députée de Notre-Dame-de-Grâce pour le Parti libéral du Québec
* Maka Kotto député de Bourget pour le Parti québécois
* Simon Jolin-Barrette député de Borduas pour la Coalition avenir Québec
* Andres Fontecilla co-porte-parole et président de Québec Solidaire
animée par Haroun Bouazzi

Kathleen Weil

Kathleen Weil

Maka Kotto

Maka Kotto

Simon Jolin-Barrette

Simon Jolin-Barrette

Andres Fontecilla

Andres Fontecilla

Une activité organisée conjointement par :

Alternative

Alternatives

AMAL-Qc

Amal-Québec

CjF

Centre justice et foi

QI

Québec inclusif

Résolutions contre un reportage qui donne les boules

Mobilisons nos boules pour sauver le sapin de la SAQ dOutremont

FB : Événement

Alors que de nombreux médias couvrent actuellement l’arrivée des réfugié-e-s ou le réchauffement climatique, un journaliste d’enquête, Yves Poirier, déplace les projecteurs sur un autre enjeu de société : le sapin de Noël de la SAQ du Mile End ! Grâce à lui, nous avons découvert aujourd’hui avec stupéfaction que ce conifère de 50 cm (pot inclus) est dépourvu de toute décoration. Selon les sources (anonymes) du journaliste, une ou des personnes (dont nous ignorons l’identité), auraient affirmé, peut-être, à un moment donné (si la source a bien entendu), qu’il ne faudrait pas décorer le petit sapin. Intraitable lorsqu’il s’agit du droit du public à l’information, Yves Poirier n’a pas hésité à réaliser cette investigation afin que la population sache tout de cette affaire. Une seule réaction et un seul devoir s’impose à nous suite à la diffusion de ce reportage, celui d’AVOIR LES BOULES.

Plus sérieusement, Yves Poirier, vient de nous apprendre qu’il s’agissait d’une blague qu’un salarié de la SAQ avait faite à une cliente. Alors que la SAQ lui avait signifiée qu’il n’y avait aucune pression anti-décoration de noël venant des minorités religieuses et que des leaders communautaires juifs hassidiques lui avaient assuré qu’ils n’avaient aucun problème avec les sapins décorés, le journaliste avait quand même décidé de diffuser son “reportage”. Pourtant, ce dernier ne pouvait être inconscient des réactions racistes, antisémites ou haineuses que ce reportage allait provoquer contre les québécoisES de confession juive(+).

Nous avions prévu de manifester dimanche à 10h30 (++), mais en harmonie avec l’esprit des fêtes nous décidons de l’annuler.

Ce pendant, M. Poirier, ne peut pas se soustraire à ses responsabilités plus longtemps. Nous lui proposition de prendre la résolution suivante pour l’année 2016 :

Analyser les manquements qui ont fait que ce reportage ait été diffusé et appliquer les mécanismes de vérifications qui lui permettront à l’avenir d’éviter de tels dérapages

(+) Le journaliste Yves Poirier devrait maintenant faire un second reportage sur les réactions antisémites provoquées par le premier.
(++) Cet horaire avait été choisi afin de bénéficier de l’accommodement du stationnement gratuit aux heures de messes du dimanche

Lutte contre l’islamophobie : le gouvernement doit se ressaisir

MONTRÉAL, le 1er octobre 2015 – Dans un contexte où les Québécois-e-s de confession musulmane voient avec appréhension :

  • un nombre croissant d’individus et de groupes haineux manifester publiquement contre leur présence,
  • des vidéos incitant à la violence contre eux se multiplier sur les réseaux sociaux,
  • un climat de méfiance s’installer vis-à-vis de leurs lieux de culte,
  • des débats qui monopolisent l’espace public et qui risquent de les stigmatiser davantage

AMAL-Québec salue la motion “Condamner l’islamophobie, les appels à la haine et à la violence envers les Québécois de confession musulmane”.
« Nous sommes très heureux que pour la première fois au Québec, nos élus affirment clairement que la lutte contre l’islamophobie est un enjeu qui dépasse les calculs partisans » a déclaré Haroun Bouazzi de AMAL-Québec

À l’approche du mi-mandat, il est temps que le gouvernement Couillard passe à l’action. Il doit :

  • affirmer sans ambiguïté que l’objectif de la loi 59 est la lutte contre la discrimination tout en défendant le droit à l’égalité. Dans la nouvelle rédaction de la loi, il doit s’inspirer de la proposition originale de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ) qui privilégie la médiation et non la répression,
  • mettre en œuvre les volets de prévention et d’éducation déjà prévus dans le plan de lutte contre la radicalisation et dont une partie doit être mise en place dès cet automne,
  • mettre à la disposition de la CDPDJ les ressources financières nécessaires pour qu’elle puisse enfin jouer le rôle qui lui est imparti dans le plan de lutte contre la radicalisation.

Fondée en 2012, AMAL-Québec a pour objectif de contribuer de façon constructive aux débats sur les thèmes de la laïcité et des discriminations, de la visibilité religieuse, de la cohabitation interethnique et du vivre ensemble au Québec.

Renseignements :
Haroun Bouazzi
Téléphone : 514 962-0521
Courriel : info@amalquebec.org
Site WEB : http://www.amalquebec.org

La radicalisation : penser ses conditions sociales et politiques

Lieu : Salle C- 3061, Carrefour des arts et des sciences3150 Rue Jean-Brillant, Montreal
Date : Mercredi 7 octobre 2015, 18h
Facebook : Évènement

La Chaire de recherche du Canada en étude du pluralisme religieux et l’Association des musulmans et arabes pour la laïcité au Québec (AMAL-Qc) vous invitent à discuter des conditions sociales et politiques de la radicalisation en compagnie de quatre universitaires et militants :

Marwan Mohammed (CNRS, Centre Maurice Halbwachs),
Cécile Rousseau (Transcultural Psychiatry, McGill).
Haroun Bouazzi (AMAL-Qc),
Rachad Antonius (sociologie, UQÀM)

HAroun Bouazzi
Cecile Rousseau
RAchad Antonius
Valerie Amiraux

En moins d’un an, la radicalisation est devenue l’objet d’une attention constante de la part des médias, des politiques et de l’opinion publique.

À quoi renvoie-t-elle exactement ? Au-delà des discours psychologisants et des analyses pointant l’endoctrinement et l’idéologie comme seuls facteurs de compréhension de l’engagement de jeunes Québécois dans le conflit syrien, quels sont les déterminants sociaux et politiques de ce processus ? Comment, par exemple, penser les liens entre la montée des discours islamophobes et les trajectoires des jeunes « jihadistes » ? Comment les interventions militaires canadiennes au Moyen-Orient peuvent-elles influencer les représentations qu’ont ces jeunes de la société dans laquelle ils vivent ? Où poser le regard pour raisonner en termes de prévention ?

Marwan Mohammed est sociologue, chargé de recherche au CNRS. Depuis 15 ans, Marwan Mohammedil mène des recherches sur les carrières délinquantes à travers le prisme des bandes de jeunes, de la désistance et plus récemment du banditisme. Il privilégie les méthodologies ancrées dans l’expérience des individus, notamment l’observation et les entretiens approfondis.

Il est l’auteur de plusieurs ouvrages, notamment « La formation des bandes, entre la famille, l’école et la rue » (PUF, 2013) ainsi que « Les sorties de délinquance » (La Découverte, 2012) et « Islamophobie » (La Découverte, 2013)